19/11/2016

Hallelujah bordel !!

Vous le connaissez ce soupir de soulagement ?
Celui que vous poussez après avoir accomplit un miracle ?
Ou quand vous vous rendez compte que ce bruit étrange que vous venez d'entendre dans la nuit, ce n'est que votre gros orteil qui gratte le drap du lit ?
Ou après un gros caca qui coince ?
Bref, un soupir qui dit votre libération et votre fierté ?
Oui ?

Bah c'est ce genre de soupir que j'ai eu en finissant cette foutue trilogie incroyable :


Editeur : le Livre de Poche
Collection : Orbit
Parution :
              Tome 1 : 2011
              Tome 2 : 2012
              Tome 3 : 2013
Pages :
          Tome 1 : 928
          Tome 2 : 1070
          Tome 3 : 998

Résumé du tome 1 :
Les brumes règnent sur la nuit,
Le Seigneur Maître sur le monde.
La jeune Vin ne connaît de l’Empire Ultime que les brumes de Luthadel, les pluies de cendre et le regard d’acier des Grands Inquisiteurs. Depuis plus de 1000 ans, le Seigneur Maître gouverne les hommes par la terreur. Seuls les nobles pratiquent l’allomancie, la précieuse magie des métaux.
Mais Vin n’est pas une adolescente comme les autres. Et le jour où sa route croise celle de Kelsier, le plus célèbre voleur de l’Empire, elle est entraînée dans un combat sans merci. Car Kelsier, revenu de l’enfer, nourrit un projet fou : renverser l’Empire.


Soupir de fierté ... Je l'ai lu ! Ah, je l'ai lu ! Attention, mon soulagement ne vient pas du fait que je sois heureuse d'être débarrassée de cette série, mais je me sens simplement très fière de moi !! Si vous savez compter, et je ne doute pas de vos capacités intellectuelles, vous avez sans doute remarqué qu'à eux trois, ces tomes font 2996 pages ! Tenir l'un d'entre eux entre ses mains c'est fabuleux !
Et pour ne rien gâcher, c'est une série qui envoie du lourd ; pour faire court : nom de Dieu de bordel à queue !

Pourtant, au début, ça partait pas gagnant ! Nous suivons Vin, adolescente dont l'âge reste assez flou, qui travaille pour un truand violent qui passe son temps à la battre, lui cracher dessus, et lui répéter combien elle est nulle et inutile ... la jeune fille, de peur de se retrouver seule, endure tout ça avec beaucoup de stoïcisme, sans cesser de penser à son frère Reen qui, pendant des années, lui inculqua à ne faire confiance à personne afin de ne pas être trahie. Avant de la trahir finalement en la quittant et lui laissant des dettes. Bon. Les jeunes filles en détresse qui ne font pas grand-chose pour se sortir de la misère et qui attendent simplement que quelqu'un les tienne par la main, ça m'agace très vite. D'autant que le schéma de la princesse attendant le prince charmant, je l'ai vu venir à des kilomètres à la ronde à l'arrivée de Kelsier, grand voleur et défenseur des pauvres, qui se pointe tout à coup dans la vie de Vin et semble voir en elle ce que d'autres, évidemment, ne voient pas. Il décide donc de la sortir de son donjon gardé par un méchant dragon et la prend avec lui.

Voilà. Pas gagnant, comme je disais. Mais, thanks god !!, Vin change, évolue, se découvre une force incroyable et commence à suivre les enseignements de Kelsier, qui n'est pas seulement un voleur comme on le croyait au début. Et ce qu'elle devient me plait beaucoup ! Bien sûr, puisqu'elle a été souvent trahie, elle met du temps à faire confiance (ça lui prendra bien 600 pages à la gamine !) et le fait qu'elle devienne une arme redoutable sans pour autant changer ce qu'elle était en profondeur : une gamine des rues qui ne doit sa survie qu'à sa capacité à passer inaperçue, m'a séduite. Donc, finalement, Vin est un personnage que j'ai, certes, pris du temps à apprécier, mais qui est vite devenu l'une de mes préférées !

Et que dire de Kelsier ? Un Robin des Bois un peu sorcier, un peu sombre, qui n'hésite pas à tuer. J'aime. J'aime, j'aime, j'aime !! Et le fait qu'on en sache très, très peu sur son passé, et ce du début à la fin, et même dans les autres tomes, j'ai trouvé ça audacieux et astucieux de la part de l'auteur. Ce que j'ai le plus apprécié chez ce personnage, c'est qu'il ne fait preuve d'aucun état d'âme.
Quant aux autres personnages (et y'en a beaucoup !) qui viennent se greffer aux premiers au fur et à mesure de l'intrigue, ils m'ont plu aussi. Avec un petit plus pour Elend. En fait, y'en a pas un seul qui m'a énervé, ou simplement agacé. Ils ont tous un rôle à jouer, une place et un caractère bien défini, et on les suit. Malheureusement, ça reste trop manichéen de la part de l'auteur : les méchants sont très méchants, et les gentils très gentils ; d'un côté le noir, de l'autre le blanc, à aucun moment il n'utilise de gris. Dommage. Ce qui explique pourquoi je n'ai pas fait de cette trilogie un coup de cœur. Trop simple dans la construction des caractères et des mises en situation (y'a plus original !)

Mais que dire du monde ? Ce monde ! Incroyable.

Apparemment, 1000 ans plus tôt, il y a eu une effroyable catastrophe écologique et le monde ne survit plus que par miracle. Le soleil est énorme, rouge, brûlant ; les Monts de Cendres, s'ils permettent d'occulter un peu les rayons du soleil, noient les hommes, les animaux et les plantes, sous la cendre, et seules quelques plantes rigoureuses mais à peine comestibles, survivent dans cette atmosphère. En bref, c'est la merde quoi. C'est apocalyptique et comme dans tout roman de fantasy qui se respecte, une prophétie annonce l'arrivée d'un Héros qui sauvera ce monde et les hommes. Classique, vous me direz. Et y'a un peu plus pire (oh ! c'est très moche cette formulation) : le fonctionnement de la société. Des nobles très riches, très cupides et égoïstes, qui esclavagent les pauvres paysans, appelés 'skaa' dans le cas présent, très pauvres et très misérables. Ca m'a légèrement agacé, j'ai trouvé ça trop facile, et j'ai eu peur dès l'évocation de cette prophétie, peur que l'auteur tombe dans la facilité.

De ce fait, il y tombe. Un peu. Pas beaucoup. Grâce à la forme de magie qu'il invente, transmise par le sang, uniquement noble normalement, l'auteur arrive à sortir du lot. Cette magie, c'est l'allomancie, qui permet à quiconque ingérant les bons métaux de faire preuve de capacités hors du commun (ça m'a quand même troublée d'un bout à l'autre de ma lecture, parce que certains personnages, pour devenir plus fort, plus rapide, ou pour affiner leurs sens au-delà du possible, avalent des copaux de métaux ... j'ai du mal à me le représenter, j'avoue ! Y'a de quoi se perforer l'estomac nan ?) et ça rend ce monde, en apparence si simple, d'une extraordinaire complexité ! Parce qu'à chaque métaux correspond une capacité, et des métaux,y'en a 8 de couramment utilisés, un 9ème moins utilisés, un 10ème très rare, et un 11ème supposé. En tout cas, pour le tome 1. Ce qui fait pas mal de possibilité !
Et ça rend donc les combats entre allomanciens terriblement complexes et intéressants. Si seulement il n'y avait pas ce style d'écriture horriblement lourd !!!

Je m'explique : en réalité, je pense que l'écriture de l'auteur n'y est pour rien. Le seul coupable, ce droit être la traductrice. Car, durant les scènes de combat, les mêmes mots sont utilisés, et utilisés, et utilisés à répétition ! A croire qu'elle ne connaît pas l'importance des synonymes, et au bout de deux ou trois scènes dans ce genre-là, ça devient vite agaçant. Bon, heureusement que, à côté de ça, les dialogues et les autres moments de l'intrigue sont si intenses, si fluides et si intriguant que je tournais rapidement les pages, d'autant que l'auteur a l'art de distiller les réponses petit à petit, avec beaucoup de parcimonie, et ménage suffisamment son suspens pour qu'on comprenne vite que d'autres mystères seront dévoilés dans les prochains tomes. Donc bon, je l'avoue, les scènes de combat, je les lisais parfois en diagonale, parce qu'une fois qu'on en a lu une, on les a un peu toutes lues ...

Et la fin ! Ah ... tous les bons romans devraient finir comme ça, avec de l'espoir, de la tragédie, du mystère, du frisson. Ca m'a donné envie d'ouvrir le tome 2 tout de suite, mais je me suis fait violence (une série aussi énorme, je ne la lis pas d'une traite sinon je fais une overdose et n'en garde que le mauvais ...)

C'est pas un peu brouillon tout ce que je viens de vous pondre là ? Ouais, si, un peu quand même. Merde, vous avez du courage si vous avez lu tout ça !

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http://www.livraddict.com/biblio/book.php?id=13156


Allez, je ne vais pas m'arrêter en si bon chemin ! C'est tellement passionnant ce que je vous bave là que je vais vous parler des tomes 2 et 3. Mais attention, si vous ne les avez pas lu, prenez garde !

SPOILER ALERT

Résumé du tome 2 :
Le Seigneur Maître est tombé.
La guerre peut commencer.
En mettant fin au règne brutal et millénaire du tyran, ils ont réalisé l’impossible.
À présent, Vin la gamine des rues devenue Fille-des-Brumes, et Elend Venture le jeune noble idéaliste doivent construire un nouveau gouvernement sur les cendres de l’Empire. Mais trois armées menées par des factions hostiles, dont celle des monstrueux koloss, font le siège de Luthadel. Alors que l’étau se resserre, une légende évoquant le mystérieux Puits de l’Ascension leur offre une lueur d’espoir.
Et si tuer le Seigneur Maître avait été la partie la plus facile ?


Ce tome-ci est celui que j'ai le moins aimé de la trilogie, car des longueurs autre que celles dont je vous parlais plus haut s'installent malheureusement.

Elend, devenu roi après la mort du Seigneur Maître, tente de construire un gouvernement où les nobles et les skaas vivraient sur un pied d'égalité. Nous lecteurs, parce qu'on n'est pas aussi naïfs, savons pertinemment que c'est une utopie irréalisable, mais Elend s'accroche. Et ça ne se fait pas sans heurt. Heureusement, il est entouré de nouveaux personnages venus pour l'aider à devenir un bon dirigeant. Bon, si ça passe les 200 premières pages, durant lesquelles j'ai quand même apprécié voir Elend évoluer et changer à son tour, au bout d'un moment ça devient répétitif, car tout le reste n'est que tergiversation politique. Et il n'est pas le seul à m'avoir un peu gonflée : Vin ne veut que rester cette fille des rues mystérieuse agissant dans l'ombre, elle veut rester celle qu'elle était dans le tome 1 alors qu'il est clair qu'elle ne le peut plus. Elle a changé le monde, mais refuse de changer avec lui. En fait, elle est perdue, et ça l'a rendu un peu plus humaine mais, bizarrement, j'aurais préféré qu'elle n'ait pas ce genre de faiblesse ...

Un tome donc beaucoup plus lent, là où le premier était si palpitant ! Heureusement que l'action revient au dernier tiers du bouquin, sinon j'aurais vraiment enragé je crois. Et cette fin, cette fin ! C'est vraiment du grand art. Et oui : une fin encore meilleure que celle du premier tome !

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Résumé du tome 3 :
Pour mettre fin à la tyrannie, Vin a tué le Seigneur Maître.
Mais en essayant de fermer le Puits de l’Ascension, elle a laissé s’échapper une des formes maléfiques de l’Insondable. Depuis, ses Inquisiteurs et les brumes font toujours plus de victimes, tandis que les cendres qui tombent du ciel sont devenues incroyablement lourdes, menaçant d’ensevelir le pays et d’affamer les hommes. Vin et l’empereur Elend Venture espèrent sauver ce qui peut encore l’être. Mais pour cela, ils devront découvrir les derniers secrets du Seigneur Maître : l’ultime cachette d’atium, le plus puissant métal des Fils-des-Brumes, et l’identité du Héros des Siècles.



Là, c'est tout l'inverse qui se produit : contrairement au tome précédent, on est immédiatement dans l'action ! Boum, comme ça. Et puis, ça retombe. Au début, j'ai juste eu l'impression - la désagréable, impression ! - que l'auteur voulait faire traîner les situations en longueur, histoire que ce tome-ci soit tout aussi long que les précédents, alors que tout aurait pu aller un peu plus vite. Mais c'est sans doute dû au fait que je l'ai lu très rapidement après le tome 2.

Certaines situations sont développées à l'extrême alors que ce n'était pas nécessaire de mon point de vue, et d'autres, que je trouvais nettement plus intéressantes, sont survolées. Un peu dommage. Heureusement que le mystère est toujours là ! En fait, je vais essayer d'utiliser une métaphore ... c'est comme si l'auteur avait tenté de nous faire une recette de patate, mais plutôt que de nous servir une banale salade de pomme de terre recouverte de tout un tas d'ingrédient mis là dans tous les sens, bah il nous avait servi un super gratin succulent, avec tout ce qu'il faut là où il faut, mais légèrement mal dosé. Un peu trop de crème fraîche pour cacher les patates, voyez ce que je veux dire ?

Ouais. Pas grave. Bref.

Il est tellement occupé à distiller les indices que tout ne se révèle vraiment qu'à la toute fin. Les 100 dernières pages sont un concentré brut de révélations à nous faire dresser les cheveux sur la tête ! Il nous mène par le bout du nez du début à la fin et, franchement, chapeau l'artiste !

La fin est ici toute aussi bonne que les tomes précédents (quoi que j'ai trouvé qu'elle ressemblait quand même vachement au premier tome) mais ça m'a fait comprendre une chose. Si tous les auteurs finissaient leur livre avec autant de panache, de violence et d'émotion que Sanderson, les lecteurs en arriveraient vite à détester leurs auteurs favoris et à devenir très névrosés.

A méditer.


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Ah ! Et j'ai lu ça aussi :


Je pense qu'il a malheureusement souffert de la comparaison, car je l'ai lu en même temps que "Le Héros des Siècles", et il n'a clairement pas tenu la distance. C'était pas très malin de ma part. C'est du réchauffé, et ni les personnages, ni le monde, ni l'histoire, ni les quelques menus mystères ne m'ont plu.
Quant à l'écriture ... bof bof bof.
Peut-être n'ais-je pas su l'apprécier à sa juste valeur, mais je suis certaine que, maintenant que je l'ai lu et refermé, je vais vite l'oublier.



Et sinon, vous avez entendu parler du Bullet Journal ? Moi oui. Ça fait un moment d'ailleurs, mais jusqu'à présent je ne voulais pas en tenir un, car je refusais de suivre la vague (d'être un mouton quoi) mais comme je vais bientôt (très bientôt !) devoir travailler à la maison, il a bien fallut que je trouve quelque chose pour avoir un semblant de ... "d'ordre". Parce que mon problème, c'est que je suis une pro de la procrastination.
Gnahahahaha !
Donc, dès le mois de décembre, je vais commencer mon propre Bullet Journal, que j'appellerais plutôt le Journal à Clous. Parce que je vais mettre des vrais clous dedans. Comme ça je pourrais me les enfoncer dans les yeux, ou ailleurs, quand il faudra me punir de ma fainéantise chronique.

'lut.

Aoniybklka taoitna taipj (merde, j'en perds mon latin !) :
Cette année, je participe au Cold Winter Challenge !!
Un coup de cœur
Routine de lecture ?

6 commentaires:

  1. Ah oui, je connais la satisfaction de finir une série impressionnante ! Mais je connais aussi la déception que ça engendre sur les autres livres que tu peux lire ensuite ou en même temps ...
    Je n'ai pas encore lu Brandon Sanderson, mais tu me donnes vraiment envie de m'y mettre, malgré le côté manichéen, un des trucs que je déteste vraiment dans les livres ! Comme si le monde ne pouvait pas être plus compliqué que juste "C'est le méchant, c'est le gentil" ! Je voulais aussi lire The Queen of the Tearling, mais du coup, j'hésite un peu ...
    A propos de la lourdeur de l'écriture, c'est sans doute la traductrice oui ... Le nombre de traducteurs qui rendent une œuvre très bien écrite lourde, c'est hallucinant ! Ils ont du courage, mais des fois, c'est énervant quand même !
    Je te souhaite de bonnes futures lectures !
    Gros bisous ! :* <3

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    1. Oh ouiiiiiiiiiiiiii ! Vas-y, lis celui-ci ! Avant "Fils-des-brumes" je n'avais jamais lu Sanderson et je ne regrette vraiment pas d'avoir commencé par cette série (d'autant que, d'après ce que j'entends, c'est l'une de ses meilleures :D ) par contre attends-toi à être ma-ni-pu-lée de bout en bout ! Des baffes à répétition qu'on se prend XD
      C'est pas la première fois que la traduction me gêne dans un livre, mais là ça m'a quand même embêté parce que tout le reste, toute la création de l'auteur était splendide !
      Bref, c'est discutable, parce que certains n'ont pas été gênés par l'écriture :P
      De bonnes lectures à toi aussi :3
      Des bisous !

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  2. ça veut dire que tu fais encore augmenter ma PAL ! :O xD
    J'aime bien être surprise par mes lectures, ça me dérange pas de me prendre des baffes xD
    Il paraît que la traduction du Trône de Fer n'est pas bonne non plus, c'est pour ça que j'ai préféré les livres en VO !
    Hâte de lire ton prochain avis !
    Bisous !

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    1. Ah ! Personnellement j'adore la version française du Trone de Fer :P C'est vrai que le style fait un peu ampoulé mais j'aime beaucoup :3 Je trouve que ça donne un petit côté Doris Lessing, et c'est pas plus mal XD
      Des bisous à toi aussi :D

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  3. La Belgariade, quand je l'ai terminé.
    back to business, au fait.

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    1. Roo la Belgariade !! Faut trop que je le lise ça ! ça fait des années que j'en ai envie XD

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