01/09/2016

Je me suis un jour demandé ce que ça me ferait de revoir, aujourd'hui, un ami que j'avais au collège ou au lycée. Puis après je me suis souvenue que j'avais pas d'amis à cette époque, et je me suis sentie sereine.

Je n'ai pas découvert le yaoi par le yaoi.
Nope.
J'ai découvert le yaoi par le shonen, et j'ai l'impression que c'est le plus souvent comme ça que ça se passe.
Beuh ... et si je vous expliquais tout ça d'abord ? (désolée, je pars du principe que vous êtes des blettes, c'est plus prudent comme ça).

Un shonen est un manga pour garçon (exemple : "Saint Seiya", "Dragon Ball", "Naruto", "One Piece", etc etc) c'est un peu réducteur comme définition, mais c'est simple et j'ai pas envie de me prendre le cigare.
Un yaoi est un manga dans lequel deux personnages masculins ont une relation amoureuse. C'est donc homosexuel. Donc, la plupart des "yaoïste" découvrent ce genre par le shonen, puisque dans un shonen la majorité des personnages sont masculins (ensuite, l'imagination fait le reste).
C'est aussi pour ça que certains/es appellent ça du shonen-ai. Pourtant, si ce terme a été largement utilisé au Japon dans les années 70 et 80 pour désigner une relation homosexuelle masculine, aujourd'hui il est plutôt utilisé rétroactivement pour désigner un yaoi de cette époque (sauf au Japon, où il a repris son sens premier et désigne globalement la pédérastie) Cependant, il n'est pas rare qu'en France ce terme soit utilisé pour désigner certaines œuvres dans lesquelles les personnages entretiennent une relation dite platonique, donc sans sexe (un yaoi très léger si vous préférez)
Moi je ne l'utilise jamais, je trouve qu'il n'a plus lieu d'être, ce qui est le cas pour beaucoup de termes liés au manga, mais ce n'est qu'un avis personnel.

Bref !
Tout ça pour dire que j'ai découvert le yaoi ... bah par moi-même en fait, puisque je me suis tout simplement mise à imaginer des relations amoureuses entre les personnages du manga "Saint Seiya", de Masami Kurumada. Voui voui.
La majorité des fanfictions que j'ai écrites, d'ailleurs, sont sur ce fandom.
Ensuite, au fil du temps, j'ai appris le terme yaoi par ce biais, et découvert des œuvres et des auteurs.
Voilà.
Je venais d'entrer dans le monde du yaoi. Et aujourd'hui, même si j'en lis beaucoup moins qu'il y a 8 ou 9 ans, j'ai quelques coups de cœur que je garderais toujours avec moi (je continue de tomber, de temps en temps, sur de belles petites pépites, mais c'est rare ...) et parmi ceux-ci, il y a cette trilogie :

Editeur : Taifu comics
Collection : yaoi
Parution : 2011
Pages : 671 en tout
 
Résumé :
Keisuke Tozaki retrouve par hasard son premier amour de lycée, Kurata, à qui il n'avait jamais osé avouer ses sentiments. Keisuke ne pensait pas que Kurata se souvienne de lui, mais pourtant ils passent une soirée à évoquer le passé. Cependant, Kurata, qui n'est pas du tout gay, n'a pas l'air de vouloir se contenter d'un chaste tête à tête et impose même des rendez-vous réguliers ...
 
Si vous préférez un yaoi dans lequel le sexe à la part belle (à la limite du porno), du genre des œuvres de Piyoko Chitose par exemple qui ne s'ennuie pas de trame et se contente de nous mettre deux hommes - voire plus - faisant des galipettes, bah passez votre chemin.
 
Ce que j'apprécie grandement dans cette trilogie, ce sont les sentiments des personnages, qui sont analysés, traités et mis à l'épreuve de façon très touchante et très humaine. Pas romantique par contre. Nan, y'a pas grand-chose de romantique là, car Kurata est un grand bourru qui, certes, s'il fait quelques efforts, n'est pas du genre à offrir des roses ou inviter au restaurant.
 
Ici, Tozaki est clairement l'homo romantique, et Kurata l'hétéro qui se questionne. Ils n'ont pas grand-chose en commun et leurs caractères sont diamétralement opposés, mais pourtant ça marche, et ça donne même naissance à une très belle histoire d'amour à la fois tendre, drôle et brutale.
 
Clairement, ils m'ont fait rire ces deux idiots à se prendre les pieds dans leurs sentiments respectifs.
 
Ils essaient, font des compromis, tentent de trouver un rythme à leur histoire ; c'est pas facile, comme toutes les relations, et il y aura beaucoup d'obstacle.
 
Ce que j'ai également apprécié, c'est le dessin de la mangaka : elle n'a pas fait de ses personnages des gravures de mode, ce sont des hommes comme les autres, et ça fait plaisir (contrairement à Ayano Yamane et Kazusa Takashima qui, elles, nous pondent tout le temps des hommes à la plastique parfaite, et au bout d'un moment ça me gonfle)
 
Bref, une belle histoire qui me fait sourire, que je prends plaisir à lire et à relire.

Coup de cœur
 
 
L'auteure a publié une autre trilogie en France :


Editeur : Taifu comics
Collection : yaoi
Parution : 2011
Pages : 172

Résumé :
Yukari Yajima et Kou Otoumi se connaissent depuis le lycée. Ils rejoignent ensemble la capitale pour leurs études, et continuent à se fréquenter pendant plus de cinq ans. Une amitié simple et sincère lie les deux garçons, mais ils se rendent compte petit à petit de l'importance qu'ils occupent mutuellement dans leur vie ...


J'ai également beaucoup aimé, mais je l'ai tout de même trouvé moins touchante que "Pure heart", sans doute parce que je l'ai lu après et que les personnages m'ont paru un peu ternes face à Tozaki et Kurata.

Maintenant, j'ai une petite question pour vous :
A votre avis, pourquoi ce genre de manga plait autant aux jeunes filles et aux femmes ?
J'ai une petite théorie : la frustration sexuelle.
Explication : je pense que les jeunes adolescents, des individus mâles donc, parvenus à l'âge de 12-13 ans, parlent "facilement" de sexe entre eux (attention, je n'en fais pas une généralité, y'en a que ça dérange j'en ai conscience !). Je m'exprime peut-être mal, et certains comprendront peut-être de travers, mais j'en ai ras-la-miche de faire gaffe à ce que je dois dire, et puis je fais ce que je veux.
Bref.
Entre jeunes filles, par contre, certes on va parler de garçons, d'acteurs, de chanteurs, de groupes toussa toussa, mais le sexe en lui-même, l'acte sexuel, est quelque chose qu'on apprend vite à considérer comme tabou quand on est jeune adolescente, donc individu femelle, de 12-13-14 ans.
Je pense que le yaoi "décomplexifie" un peu la chose (ce verbe n'existe pas, je sais, vos gueules !).
Et si ça plait aux femmes, c'est parce que la plupart ont découvert ça dans leur adolescence et continue d'en lire ; pour celles qui ont découvert ça sur le tard, je pense que le goût de l'amour interdit y est pour beaucoup.
Voilà.
C'était ma réflexion philoso-socio-merdique de la journée (attention, je n'oublie pas que ce genre de manga peut aussi plaire aux hommes !)


Euh sinon ... je me réveille avec un gros bouton sur la fesse gauche. Très gênant quand je m'assois. Super, je la sens bien cette journée, assise derrière un bureau !
...
Je la sens bien ...

Z'avez compris ?
Non ?
J'vais me pendre.

J'ai chié ici aussi :
Un dessin !!! Ouais, je me la raconte, j'suis trop contente !
J'suis devenue Exploratologue. C'était très émouvant.
Je me suis gelé les miches à écrire ça !
 

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